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Troubles alimentaires et traumas : Mon parcours pour m’accepter avec 30 kg de protection

26 juil.
7 min de lecture

Femme qui s'accepte avec son surpoids

La guerre des corps : quand "trop" devient toujours trop


Je vais vous parler de mon surpoids, de mes troubles alimentaires passés. De mes 30 kilos pris en 20 ans. De cette photo en pareo, postée cet été, où pour la première fois, je me suis trouvée belle. Mais attention : ce que je vais partager ne concerne pas que celles et ceux qui se sentent "trop gros·ses".

Parce que le combat, c’est le même. Que vous soyez jugé·e pour vos kilos en trop ou pour votre maigreur, le message social est implacable : "Ton corps ne va pas. Tu dois le changer." "Fais envie, pas pitié." Comme si on devait choisir entre être désiré·e ou méprisé·e. Comme si, dans un cas comme dans l’autre, on n’avait pas le droit d’exister simplement comme on est.

Et puis il y a les hommes. Oui, les hommes aussi. Ceux qui se cachent sous des vêtements amples parce qu’ils ont honte de leur ventre. Ceux qui culpabilisent de ne pas avoir "le corps d’un vrai mec". Ceux qui, comme les femmes, subissent cette pression sourde : "Sois fort. Sois mince. Sois parfait." On en parle trop peu.

Alors aujourd’hui, je brise le silence. Pas pour parler uniquement du surpoids, mais pour parler de ce combat universel : celui d’aimer son corps dans un monde qui nous dit sans cesse qu’on ne le mérite pas.

Et si on commencait par là ?

 

La photo qui a tout changé


Cet été, en Italie, j’ai posté une photo de moi en maillot de bain avec un pareo. Rien d’extraordinaire, sauf que pour la première fois, je me suis trouvée belle. Pas malgré mes 92 kg, mais avec eux. Pas en dépit de mon corps, mais grâce à lui.

Pendant des années, l’été était une torture. Me voir en maillot de bain ? Impensable. Mon corps, je le cachais. Pas par honte, mais par peur. Une peur viscérale, ancrée au plus profond de moi. Et puis, un jour, j’ai compris : mon corps s’était enveloppé pour me protéger. Chaque kilo était un rempart. Chaque crise d’hyperphagie, un cri étouffé. Une armure invisible contre des blessures que je n’osais même pas nommer.

Aujourd’hui, je veux vous raconter cette histoire. Pas pour vous dire comment perdre du poids, mais pour vous montrer comment faire la paix avec soi-même. Parce que si je l’ai fait, vous pouvez le faire aussi.

 

Le mécanisme psychologique : Pourquoi le corps se protège


1. Le corps, ce génie de la survie :

Notre corps est un système d’une intelligence inouïe. Quand l’esprit ne peut plus supporter une souffrance, il trouve des solutions pour survivre. Et parfois, ces solutions deviennent des prisons.

Dans mon cas, comme pour beaucoup de femmes que j’accompagne, la prise de poids a été une réponse adaptative à des traumas profonds. Un mécanisme de protection inconscient.


  • Pourquoi ?

    Après des traumas liés au corps, celui-ci peut développer des stratégies pour éviter de revivre ces situations. Prendre du poids, c’est parfois rendre son corps moins « désirable » selon les normes sociales, et donc se sentir en sécurité. C’est comme si, inconsciemment, on se disait : « Si je ne suis plus regardée, je ne serai plus blessée. »


  • La science derrière ce mécanisme :

    Les traumas non résolus s’inscrivent dans le corps. Le système nerveux reste en alerte, comme si le danger était toujours présent. La prise de poids peut alors agir comme une barrière physique contre une menace perçue. C’est une forme de dissociation : on « quitte » son corps pour ne plus ressentir la douleur, et on le modifie pour ne plus être « visible ».


  • Le paradoxe :

    Cette protection devient une prison. On se cache, on évite les miroirs, on fuit son propre reflet. Mais en réalité, le corps ne nous a jamais trahies. Il a fait ce qu’il pouvait, avec les moyens du bord, pour nous garder en vie.


2. La nourriture émotionnelle : Quand le corps parle à travers les crises

Les crises d’hyperphagie ne sont pas des faiblesses. Ce sont des SOS désespérés.


  • Pourquoi on mange ses émotions ?

    La nourriture devient un substitut affectif. Elle comble un vide, étouffe une colère, noie une tristesse. C’est une façon de se donner de l’amour à défaut d’en recevoir, ou de se punir pour des culpabilités inconsciemment portées.

Dans mon cas, chaque crise était un souvenir enfoui qui remontait à la surface. Mon corps cherchait à apaiser une douleur que mon esprit refusait encore de voir.


  • Le cercle vicieux :

    Plus on mange pour apaiser, plus on se déteste. Plus on se déteste, plus on a besoin de manger pour se réconforter. C’est un piège. Mais ce n’est pas une fatalité.


  • La clé pour en sortir :

    Écouter. Pas juger. Comprendre que ces crises sont des messages. Elles nous disent : « Il y a quelque chose en moi qui a besoin d’attention. »


3. Le lien entre maladie chronique et image corporelle :

Quand on vit avec une maladie comme la polyarthrite rhumatoïde, le corps devient un champ de bataille. Entre la douleur, la fatigue et les limitations, on peut développer un sentiment de trahison : "Pourquoi mon corps me fait ça ?" Comme s’il était passé de l’autre côté.

Pour moi, la prise de poids a été une conséquence de cette lutte. Entre les médicaments, la diminution de l’activité physique et le stress chronique, mon corps a changé. Pas par choix, mais par épuisement. Et puis, il y a eu cette double peine : non seulement je devais gérer la maladie, mais en plus, je devais gérer le regard des autres sur mon corps.

Le vrai déclic ?J’ai réalisé que mon corps ne m’avait jamais trahie. Il avait supporté la maladie, les traumas, les années de combat. Il méritait mon amour, pas ma colère.

 

 

Mon parcours : Les outils qui m’ont sauvée


1. La thérapie de l’enfant intérieur :

J’ai appris à écouter cette petite Christelle blessée. Celle qui avait subi, celle qui avait peur, celle qui s’était sentie trahie, celle qui se sentait sale.

  • Comment ?

    En lui parlant. En lui disant : « Je te vois. Je te comprends. Je suis là pour toi maintenant. »

    En lui offrant l’amour et la protection que je n’avais pas eus.

  • Le résultat :

    Peu à peu, cette petite fille en moi a commencé à se détendre. Le besoin de me cacher a diminué. Parce que pour la première fois, je me sentais en sécurité avec moi-même.


2. L’EMDR-DSA : Libérer les mémoires bloquées

L’EMDR-DSA (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) a été une révolution. Cette thérapie utilise des mouvements oculaires pour aider le cerveau à retraiter les souvenirs traumatiques.

  • Mon expérience :

    Pendant les séances, j’ai senti des blocages se libérer. Des souvenirs remontaient, mais cette fois, ils ne me submergeaient plus. C’était comme si mon cerveau pouvait enfin les classer dans le passé, sans qu’ils ne dictent plus mon présent.

  • Pourquoi ça marche ?

    Les traumas restent « coincés » dans le système nerveux. L’EMDR-DSA permet de débloquer ces mémoires et de les intégrer de façon saine. Le corps se souvient, mais il ne souffre plus.


3. La Dream Machine : La lumière au bout du tunnel

La Dream Machine, un appareil de photostimulation, a été une surprise. En quelques séances, j’ai senti une légèreté mentale que je ne connaissais plus.

  • Comment ça fonctionne ?

    Les lumières stroboscopiques stimulent le cerveau, favorisant un état de relaxation profonde et aidant à libérer des tensions émotionnelles.

  • Mon ressenti :

    C’était comme si les couches de protection devenaient moins lourdes. Comme si je pouvais enfin respirer.


4. Le travail sur le féminin sacré

J’ai réalisé que je rejetais ma féminité par peur. Par peur d’être à nouveau blessée, jugée, ou considérée comme un objet.

  • La prise de conscience :

    En accueillant ma féminité, j’ai pu me réapproprier mon corps comme un temple, et non plus comme une prison.

  • Le symbole du pareo :

    Ce tissu léger, qui cache sans tout voiler, est devenu pour moi le symbole de cette réconciliation. Je ne me cache plus je cherche à sublimer.

 

Le déclic de mes patientes : Quand tout s’éclaire


Cette semaine encore, une de mes patientes, lors d’une séance d’EMDR-DSA, a pris conscience d’un lien qu’elle n’avait jamais fait avant : son surpoids et ses crises d’hyperphagie étaient directement associés à des traumas sexuels.

  • Son histoire :

    Elle avait toujours cru que son problème était « juste » une question de volonté. Qu’elle était « faible », « gourmande », « paresseuse ». Elle avait une telle colère contre elle …. Mais en travaillant sur ses mémoires corporelles, elle a réalisé que son corps avait pris du poids pour se protéger. Que chaque crise d’hyperphagie était un souvenir refoulé qui remontait à la surface.

  • La révélation :

    « Je me suis rendue compte que je mangeais pour me protéger, pour ne pas être plus belle que ma mère, pour que mon père la regarde elle et pas moi …...»

    Et là, tout a changé. Elle a compris que son corps n’était pas son ennemi. Qu’il avait fait de son mieux pour la garder en vie, pour la protéger. La colère n’est plus dirigée contre elle, elle va pouvoir arrêter de se punir.

  • Le message pour vous :

    Vous n’êtes pas seule. Si vous vous reconnaissez dans cette histoire, sachez que votre corps a une raison. Et que cette raison, vous pouvez la comprendre. La guérir. Et enfin, vous libérer.

 

Le message que je veux vous transmettre

Si vous lisez ces mots en vous disant : « Mais moi, je n’y arriverai jamais », je veux que vous sachiez ceci :

  1. Votre corps n’est pas votre ennemi.

    Il a fait de son mieux pour vous protéger. Remerciez-le.

  2. Perdre du poids peut venir après, mais ce n’est pas la priorité.

    La première étape, c’est de faire la paix avec vous-même. Le reste viendra, si vous le souhaitez. Mais vous méritez d’être aimée aujourd’hui. Pas dans 10 kg. Maintenant.

  3. Les outils existent.

    Thérapie de l’enfant intérieur, EMDR, Dream Machine, travail sur le féminin sacré… Il y a une solution pour vous.

  4. Vous n’êtes pas seule.

    Des milliers de femmes vivent la même chose. Et elles s’en sortent.

  5. Votre guérison est possible.

    Même avec des maladies chroniques. Même avec des traumas profonds. Même si vous n’y croyez plus.

 

Et vous, quel est votre premier pas ?

Si cet article résonne en vous, je vous invite à :

  • Écrire une lettre à votre corps. Remerciez-le pour tout ce qu’il a fait pour vous.

  • Essayer une séance de thérapie. Même une seule peut tout changer.

  • Vous autoriser à vous aimer, ne serait-ce qu’un peu, aujourd’hui.

Et si vous avez besoin d’accompagnement, je suis là.Ensemble, on peut y arriver.


📩 Pour me contacter : cp-psycho17@orange.fr ou 0786398165

💌 Partagez cet article à une femme qui en a besoin.


"Ton corps est ton allié. Pas ton ennemi. Apprends à l’écouter." — Christelle PERROTIN

 
 
 

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