Comment l'EMDR et la Dream Machine libèrent du perfectionnisme et des traumas d'enfance : Le voyage de Lise vers la liberté
- cp-psycho17
- il y a 2 jours
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L’armure invisible de la perfection
Lise (prénom modifié), 51 ans, franchit le seuil du cabinet avec une posture impeccable, mais un regard chargé d'une fatigue que rien ne semble pouvoir effacer. Très vite, nous identifions le moteur de sa souffrance : un perfectionnisme qui dévore chaque instant de plaisir. Pour Lise, la croyance est ancrée comme une loi biologique : « Si je ne suis pas parfaite, on ne peut pas m'aimer ». Lâcher prise n’est pas une option, c’est une menace de mort symbolique. Cette exigence l’a poussée toute sa vie à "bien faire" pour exister : bien ranger sa chambre dès l’enfance, devenir presque major de sa promotion, ou encore préparer ses séances de thérapie avec une rigueur scolaire pour être, là aussi, la "bonne élève".
La première étape : Un travail d’orfèvre avec l’EMDR-DSA
Pour dénouer une structure aussi verrouillée, il a fallu un véritable travail d’orfèvre. Nous avons commencé par identifier les souvenirs racines : un zéro à une dictée, ces matchs de foot joués uniquement pour plaire à son père.
Ici, l’EMDR-DSA n'utilise pas les mouvements oculaires classiques. Lise ferme les yeux, se connectant pleinement à ses sensations intérieures, tandis que des capteurs vibrants dans ses mains et un son bilatéral alterné dans ses oreilles stimulent son cerveau. Cette méthode permet une immersion totale dans le souvenir sans être distraite par le monde extérieur. Nous avons alors tenté un exercice de réparation : écrire une lettre à la petite fille qu’elle était. Mais le système de défense de Lise est tenace : elle écrit cette lettre de façon "scolaire", trop tôt (parce que je lui avait proposé de faire cet exercice), cherchant encore à réussir l'exercice plutôt qu'à le ressentir.
La tempête : Le combat nécessaire
Ce qui a suivi la séance de retraitement a été un combat d'une intensité rare. Pendant deux semaines, Lise a traversé un "rebond" émotionnel massif. Son corps a enfin laissé sortir la colère, l'hystérie et les larmes contenues depuis cinquante ans. Elle a lutté contre des pics d'énervement, traversant même un moment de désespoir profond le dimanche précédant notre rendez-vous. Ce n'était pas une rechute, mais le signe que son ancien système de survie livrait sa dernière bataille face à la libération qui s'annonçait.
La rencontre extraordinaire : Le combo libérateur
Le 13 avril, 2 semaines plus tard, nous décidons d'aller plus loin mais cette fois-ci sans l’EMDR-DSA, Lise étant encore sous le choc des 2 dernières semaines : je lui propose d’utiliser la Dream Machine (avec le programme Deep Relax qui organise une descente progressive vers des ondes thêta pour relâcher).
C’est là que la magie opère. Sous la lumière et les stimulations, l’armure de la "bonne élève" se fend enfin. Lise voit, au fond d'elle, sa petite fille intérieure. Elle est là, sur la réserve, prête à s'effacer comme elle l'a toujours fait. Mais cette fois, Lise ne cherche pas à "bien faire" l'exercice. Le lien se crée, viscéral et profond. Elle peut enfin lui dire ce message qui change le cours d’une vie :
« Tu as le droit d'être imparfaite et fière malgré tout. »
Le "Waouh" final : Une renaissance
Cette séance fut extraordinaire. Lise a réalisé que sa première lettre n’était qu’une performance de plus. Aujourd’hui, elle a appris qu’elle peut aller voir cette petite fille dès qu'elle se présente, non pas pour la corriger, mais pour la rassurer et la protéger.
Lise a terminé sa séance très émue, et je l’étais tout autant …..
Waouh : c’est ce mot qui résume tout et qui m’est venu en fin de séance ….
Parce que oui, derrière la technique et les protocoles, il y a une rencontre.
Je ne sais pas comment finir ces lignes autrement qu’en vous confiant ceci : je vis tout cela avec les personnes que j’accompagne. Je ne suis pas une spectatrice distante, je ressens ces libérations, ces bascules où la peur laisse enfin la place à la vie.
Quand Lise a prononcé ce mot, j'ai senti ce frisson qui parcourt le corps lorsque l'on assiste à une renaissance. Voir une femme de 51 ans s'autoriser enfin à être "imparfaite et fière", c'est voir une chaîne de cinquante ans se briser en une seconde. Ces larmes que j'ai encore aux yeux en écrivant, ce sont celles de la gratitude : celle d'exercer ce métier d'orfèvre où l'on répare des âmes, un battement de cœur à la fois.
Accompagner quelqu'un vers sa propre lumière est le plus beau des voyages. Et pour Lise, ce voyage vient de commencer.
Et vous, êtes-vous prêt à commencer ce voyage ? Êtes vous prêt à voir ce qui se cache dans la lumière ?


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